Handi’cap
Cynthia Gueneau
Qu’est ce que le handicap ?
Les informations de cette page sont tirées du livre « La médiation équine, qu’en pensent les scientifiques? » par l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation)
De manière générale, le terme handicap désigne l’incapacité d’une personne à vivre et à agir dans son environnement en raison de déficiences physiques, mentales ou sensorielles. Il se traduit la plupart du temps, par des difficultés de déplacement, d’expression, de compréhension et de participation sociales chez la personne
Voici la classification des différentes formes de handicap selon l’Organisation Mondiale de la Santé :
Le handicap mental (ou déficience intellectuelle)
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit le handicap mental, ou déficience intellectuelle, comme « un arrêt du développement mental ou un développement mental incomplet, caractérisé par une insuffisance des facultés et du niveau global d’intelligence, notamment au niveau des fonctions cognitives, du langage, de la motricité et des performances sociales ».
Le handicap psychique :
Il concerne les troubles du psychisme et influe principalement sur la vie relationnelle, la communication et le comportement, les difficultés de concentration, une grande variabilité dans la possibilité d’utilisation des capacités alors que la personne garde des facultés intellectuelles normales contrairement au handicap mental duquel il faut le distinguer.
La dépression, le burn out, les addictions, l’anxiété et les phobies, le trouble obsessionnel compulsif, les troubles de comportement alimentaire, les troubles schizophréniques, bipolaires, ou borderlines, les névroses, les psychoses sont des exemples de maladie et troubles psychiques.
Le handicap sensoriel (déficiences auditives et visuelles) :
L’altération peut être légère, modérée, sévère ou profonde. Ce handicap est de naissance ou acquis. Les causes de la surdité peuvent être génétiques, virales ou parasitaires (pendant la grossesse), dues à des maladies ou par un traumatisme sonore. La malvoyance ou la cécité peuvent être héréditaires ou causées par des maladies. La plupart des personnes atteintes de la cécité développe plus profondément les autres sens comme celui du toucher par exemple.
Le handicap cognitif :
Il désigne les perturbations de l’ensemble des fonctions cognitives. Celles-ci se rapportent à l’acquisition de la lecture, de la parole, de la mémorisation et de la compréhension, de la coordination de la motricité et à toutes les fonctions permettant d’acquérir une information, de la traiter et de l’intégrer.
En outre, elles se rapportent à la pensée et au raisonnement permettant de communiquer et d’agir. Les troubles spécifiques du langage comme la dyslexie, la dysphasie, la dyspraxie … les troubles de l’attention, de la mémoire en relèvent.
Dans ce type de handicap, l’autisme et les troubles envahissants du développement (TED), regroupés actuellement sous le terme de Troubles du Spectre Autistique (TSA) désignent l’ensemble des troubles neurologiques qui affectent principalement les relations sociales et la communication chez l’enfant ou l’adulte. Les TSA regroupent donc aujourd’hui l’autisme, le syndrome d’Asperger, de Rett et le trouble envahissant du développement non spécifié.
Le handicap moteur (ou déficience motrice) :
Le handicap moteur recouvre l’ensemble des troubles pouvant entrainer une atteinte partielle ou totale de la motricité (troubles de la dextérité, traumatismes, paralysie …), notamment des membres supérieurs et/ou inférieurs (difficultés pour se déplacer, conserver ou changer une position, prendre et manipuler, effectuer certains gestes).
Les causes peuvent être très variées : maladie acquise ou génétique, malformation congénitale, traumatisme dû à un accident, le vieillissement ou encore l’ensemble des maladies neurologiques et neurodégénératives.
Handicap et équithérapie
Le cheval, induit directement ou indirectement des interactions. Le cheval médiateur mais surtout partenaire, incitateur à la relation permet alors d’accéder et d’ouvrir un chemin possible. Voici quels sont ses atouts, ses potentialités :
Atout socialisant
La différence entre humains typiques et porteurs de handicap est visible et impacte souvent les relations entre les personnes. Dans la relation homme/animal, cette différence n’est pas un élément de rejet ou d’exclusion par les équidés.
Le cheval accepte la différence et permet à toutes personnes de vivre des instants positifs indépendamment de son handicap. Cette dernière retrouve alors un sentiment de « normalité » et retrouve alors la confiance dans un être vivant.
Atout émotionnel
Etre au contact des chevaux génère inévitablement des émotions : le stress, l’envie, l’excitation, l’impatience, la joie, la frustration, la satisfaction, la déception, la peur … Une fois repérées et acceptées, ces émotions ressenties peuvent alors être apprivoisées pour progressivement être maitrisées sans pour autant les faire disparaitre. La personne est alors capable de devenir maître de ses émotions afin de les transformer en force et source de motivation.
La proximité avec les chevaux génère beaucoup de plaisir, ainsi qu’un sentiment de calme, de détente et d’apaisement. A travers la relation qui se construit entre humain et cheval, la personne peut trouver un sentiment de réconfort et de sécurité auprès du cheval.
Atout relationnel par sa détection fine des signaux humains
Les capacités des chevaux à détecter les signes les plus infimes de son environnement dont les humains font partie, lui apportent des informations préalables avant de passer à l’action.
Les chevaux interagissent avec l’humain en fonction de l’état émotionnel de ce dernier mais aussi en réponse à des demandes plus ou moins subtiles de la personne : visuels, vocaux ou tactiles. Ceci permet une communication efficace entre le cheval et les personnes non verbales ou qui ne souhaitent pas parler ou les personnes ayant des capacités motrices réduites ou des difficultés sensorielles.
Atout de mise en cohérence et d’attention
Pour réaliser un exercice donné, la personne à pied doit dans certains cas, utiliser les codes que le cheval a appris. Pour cela, la personne doit mobiliser son corps en entier ou une partie (un bras, une jambe), ou utiliser des instruments (longe, stick), ou la voix.
La clarté de ces signaux et la cohérence entre signaux (corps et voix) sont importantes pour que le cheval comprenne, ce qui oblige la personne à faire exactement ce que le cheval attend, quelquefois à innover dans leurs comportements habituels ou à y mettre beaucoup plus d’intention, de conviction et d’énergie.
Atout de taille
Le cheval est un grand animal. Donc, s’en occuper entraîne déjà une activité physique : tourner autour, bouger activement les bras pour le panser, le doucher. Si on le fait marcher en main, il faut marcher assez activement. Le travail à pied amène le corps à s’exprimer et à s’expanser. Ainsi, toute activité avec le cheval nécessite des mouvements assez actifs.
De plus, ce grand animal peut faire prendre conscience au bénéficiaire qu’un autre être vivant est là, avec ses envies propres et ses mouvements.
Atout moteur et postural
Que la personne soit à coté ou dessus, le mouvement de l’animal invite et engage naturellement la personne à suivre ce mouvement et à s’adapter (regarder, se redresser, s’équilibrer …). Sans contrainte, la personne va suivre et évoluer avec le compagnon animal du moment. On assiste à des ébauches de mouvements de la part des personnes qui n’en faisaient plus.
Monté, la posture à cheval permet un travail de détente, de relâchement, de mobilisation, d’assouplissement et de renforcement musculaire.
Atout porteur
Le portage par le cheval renvoie inconsciemment au portage maternel. Peu d’espèces animales offrent à l’être humain cette opportunité. Etre porté, emmené par un cheval au pas, sentir sa chaleur permettent de retrouver des sensations perdues ou oubliées.
Pour les personnes en situation de handicap moteur, ressentir à nouveau la verticalité, le mouvement de marche grâce au cheval porteur procure des émotions parfois indescriptibles.
Atout clinique pour le soignant (et/ou pour l’accompagnant et/ou pour la famille)
C’est une activité thérapeutique en pleine nature qui permet aux personnes de sortir des institutions, en complément des autres soins avec un projet thérapeutique adapté à chacun.
La médiation avec le cheval peut donner à voir à la tiers personne des capacités insoupçonnées du patient, une grille de lecture clinique différente car le raisonnement clinique du soignant se base notamment sur l’observation et l’évaluation de la personne. Or la relation qui s’établit avec l’animal provoque alors des envies, des interactions, l’extériorisation d’émotions, la mise en mouvement qui parfois n’était pas possible dans un contexte institutionnel.
En bref et en images ?
L’intérêt de la thérapie avec le cheval est d’utiliser le cheval comme médiateur, ressource relationnelle et force vitale. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’un apprentissage de l’équitation mais bien d’un soin.
Les activités avec le cheval sont adaptées à l’âge, aux intérêts et aux besoins de la personne. Elles sont variées : observations des équidés, pansage, promenade et travail à pied, monte en manège ou en extérieur.








